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Nom du département
Alpes-de-Haute-Provence Région
Provence-Alpes-Côte-d'Azur Superficie
6925 km2 Point culminant
3 400 (Aiguille de Chambeyron à Saint-Paul- sur-Ubaye). Chef-lieu
Digne. 4 arrondissements. 32 cantons. 200 communes. Population
130883 hab. (recensement 1990)
Histoire
- Les Alpes-de-Haute-Provence (naguère Basses-Alpes) forment la majeure partie
de la Haute-Provence et ont suivi en général, au cours de l'histoire, le sort de
la Provence.
- En raison de l'ingratitude du sol et de la rigueur du climat, elles semblent
avoir été peuplées tardivement à l'époque préhistorique.
- Dans l'état actuel des recherches, le Paléolithique et le Néolithique ne
sont guère représentés que dans les vallées et sur les plateaux; par contre, la
protohistoire, avec l'âge du Bronze, Hallstatt, la Tène, a laissé des traces
dans l'intérieur montagneux, particulièrement en Ubaye, La Haute-Provence ne fut
pas conquise, dans son ensemble, par les Romains, eu même temps que la
Provincia, non plus que par Jules César, dans sa campagne en Gaule
(58-50 av.J.-C.).
- Il était réservé à l'empereur Auguste de l'agréger à l'empire romain, avec
tout l'arc alpin (25-14 av.J.-C.).
- Après avoir joui de la paix romaine, la Haute-Provence pâtit, comme le reste
du monde méditerranéen, des invasions barbares, mais elle semble avoir
relativement moins souffert que d'autres régions; cependant elle fut ravagée de
569 à 575 par les Saxons et les
Lombards, que le patrice Mummole battit à Estoublon en 572.
- Les époques mérovingienne et carolingienne s'écoulèrent assez obscurément en
Haute-Provence.
- Les anciennes civitates gallo-romaines donnèrent alors naissance à cinq
petits évêchés : Digne, Riez, Senez, Glandèves, Sisteron.
- A la fin de l'époque carolingienne, les Sarrasins firent quelques
incursions.
- La Haute-Provence fit ensuite partie du comté féodal de Provence, d'abord
indivis entre les comtes d'Avignon et ceux d'Arles; le repli des premiers sur le
haut pays donna naissance au comté de Forcalquier (12ème) à peu près unique
division territoriale presque indépendante que la Haute-Provence ait jamais
connue; elle réintégra ensuite le giron de la Provence, à la mort de
Guillaume II (1209), dernier comte de
Forcalquier.
- On connaît le célèbre "quatuor" des filles de Raymond Bérenger
V, comte de Provence, qui furent toutes quatre reines et passent pour
avoir été élevées dans le château de Saint-Maime.
- L'une d'elles, Marguerite, fut la femme de saint Louis, roi de France.
- A la dynastie de Barcelone-Aragon succédèrent deux dynasties angevines qui
conquirent, puis tentèrent de reconquérir le royaume de Naples.
- Le dernier souverain de la première dynastie, la reine Jeanne Ière d'Anjou
(Ý1382) a marqué fortement les mentalités populaires par
suite de ses malheurs, et la guerre civile qui suivit sa mort désola le pays.
- Ce fut au cours de ces désordres que la vallée de l'Ubaye fit sécession pour
plusieurs siècles et se rattacha aux Etats savoyards (1388).
- Après le roi René et son éphémère successeur, Charles III,
duc du Maine, la Haute-Provence, comme la Basse, fut happée par le puissant
Louis XI, et, désormais, chaloupe amarrée aux flancs du
vaisseau France, suivit son sort.
- Ce ne fut pas, cependant, sans un soubresaut : la résistance provençale à
l'annexion se traduisit par une vaine révolte du parti lorrain, localisée en
Haute-Provence, au nord du Luberon, jusqu'à Forcalquier (1481).
- Les guerres de Religion (1559-1598 environ), qui ensanglantèrent la Provence, sévirent
fortement dans de hauts pays; commencées d'ailleurs à Castellane, elles furent
l'un des épisodes les plus tragiques de son histoire.
- Les sièges de Sisteron (1562), de Castellane et de
Seyne (1586), la bataille d'Allemagne-en-Provence (1586) marquèrent particulièrement ces guerres, dues à la forte
diffusion du protestantisme dans la région.
- Par contre, les deux derniers siècles de l'ancienne monarchie furent assez
paisibles en Haute-Provence, quoique coupés par quelques événements douloureux
ou tragiques; peste de 1629 (particulièrement à Digne où
elle emporta la majeure partie de la population), peste de 1720, différentes opérations militaires pendant les règnes de
Louis XIII, Louis XIV, Louis
XV, mais à peu près limitées à la vallée de l'Ubaye, sauf pendant la
guerre de la Succession d'Autriche (1742-1748) au cours de laquelle les Austro-Sardes occupèrent
Castellane et s'avancèrent jusqu'à Moustiers-Sainte-Marie.
- Au traité d'Utrecht, en 1713, la vallée de l'Ubaye
réintégra la Haute-Provence.
- La Révolution agita la Haute-Provence, mais sans doute moins que bien
d'autres régions de France, Le signal des troubles fut donné par une agression à
Manosque contre l'évêque de Sisteron (1789).
- Comme faits saillants, l'on peut citer une expédition militaire des
Marsellais contre Digne en 1793.
- La guillotine ne se dressa pas dans le département des Basses-Alpes.
- Quelques ecclésiastiques périrent, victimes de violences.
- Par contre, le brigandage sévit fortement.
- Les Basses- Alpes furent traversées de Castellane à Sisteron par
Napoléon Ier à son retour de l'île d'Elbe (3-5
mars 1815).
- Le coup d'Etat du 2 décembre 1851 provoqua un vif soulèvement, mais il fut brisé lors d'un
combat près des Mées; une répression assez dure s'ensuivit.
- Si le 19ème bénéficia, particulièrement
sous la monarchie de Juillet, de grandioses travaux publics, notamment routes,
ponts et chemins de fer, qui mirent fin à un isolement multiséculaire, par
contre la Haute-Provence connut, après un assez bref essor aux environs de 1830, une forte régression économique et encore plus
démographique, qui se prolongea durant toute la première moitié du 20ème.
- D'un maximum de 159045 habitants en 1836, la
population passa à 83148 en 1946.
- La guerre de 1914-1918 causa
une cruelle saignée, surtout dans les couches rurales de la population.
- La guerre de 1939-1945 vit
l'occupation de la Haute-Provence, d'abord par les Italiens, puis et surtout par
les Allemands.
- Après presque deux siècles de paix, elle connut aussi des combats
frontaliers dans la haute vallée de l'Ubaye.
- Pays de montagnes, de communications difficiles, la Haute-Provence hébergea
de nombreux maquis.
- Des combats entre la Résistance et les Allemands eurent lieu,
particulièrement vers Valensole, dans la cluse de Chabrières, dans la vallée de
Barcelonnette.
- Des maquis furent exterminés, des villages brûlés par les Allemands.
- Lors du débarquement en Provence, les Américains effectuèrent quelques
bombardements, à Digne, à Forcalquier, surtout à Sisteron où il y eut plusieurs
centaines de victimes.
- Le 20 août 1944, les
Américains pénétrèrent dans les Basses-Alpes, mais les Allemands se
cramponnèrent dans la haute vallée de l'Ubaye, jusqu'en 1945.
Géographie
- Dans l'ensemble, le sol des Alpes-de-Haute-Provence est accidenté, montueux,
d'un relief élevé; elles culminent à l'aiguille de Chambeyron (3400 m).
- En fait, l'on peut distinguer diverses zones.
- Celle des plateaux, avec celui de Forcalquier, que limitent au sud la chaîne
du Luberon, au nord celle de Lure, et ceux de Valensole et de Puimichel, tous
plateaux d'ailleurs ondulés, vallonnés, qui occupent le sud-ouest du département
et la partie comprise entre la Bléone et le Verdon.
- La zone des barres, qui prend en écharpe le centre du département, de
Moustiers-Sainte-Marie jusque vers Bayons, offre de longs murs calcaires : ainsi
barre de Reynier, barre des Dourbes, Serre de Montdenier.
- La zone des hauts massifs constitue le noyau de la charpente des Alpes-de-
Haute-Provence.
- Son axe principal est formé par la chaîne des Trois-Evêchés, que pro-
longent vers le sud le Cheval Blanc, le pic de Couard : c'est comme la colonne
vertébrale de la Haute-Provence.
- Les autres grands massifs s'y rattachent, en quelque manière : ces montagnes
abruptes, puissantes, qui enserrent la vallée de l'Ubaye (ainsi le Parpaillon,
le Chambeyron), et, plus au sud, des blocs tels que Cordoeil, Chamatte, le Grand
Coyer, les plis enchevêtrés de la région de Castellane.
- Enfin une zone, qu'on peut appeler les Causses, s'étendant sur les plateaux
du haut Var et dont les Alpes-de- Haute-Provence ne possèdent que le rebord
supérieur, ce formidable bouclier juras- sique dans lequel le Verdon a creusé
son canyon.
- Ce relief compliqué est parcouru, incisé, fragmenté par les vallées d'un
certain nombre de rivières.
- La Durance domine ce réseau hydrographique, car, à l'exception du Var,
cantonné à l'extrémité sud-est du département, toutes les rivières, dont les
principales sont l'Ubaye, la Sasse, la Bléone, l'Asse, le Verdon, confluent vers
le canal durancien, artère respiratoire de la Haute- Provence.
- Pays de hauteurs, elle est particulièrement remarquable par la vigueur et la
brutalité pittoresques avec lesquelles s'exprime son relief par
l'extériorisation saisissante en de nombreux endroits de ses structures, de ses
plis géologiques.
- Les rochers de Sisteron, les Pénitents des Mées, les cluses de Barles et de
Chabrières, les Cadières de Brandis, surtout la formidable rainure du Verdon
avec ses à-pic de 500 et 600 m,
ne sont que les aspects les plus frappants d'une nature qui semble s'être
complus à dresser ou à bousculer le roc, à le fouiller, à le sculpter avec un
art fantastique.
- Aux accidents rocheux, il faut ajouter bien d'autres richesses en paysages :
amples forêts qui, dues soit au reboisement artificiel, soit à celui, spontané,
provoqué par la désertion des campagnes, couvrent d'une belle pelisse verte une
grande partie du relief; lacs naturels comme celui d'Allos, ou artificiels comme
ceux que forment les barrages de Serre-Ponçon, Castillon, Sainte-Croix.
- Ces beautés touristiques sont mises en valeur par le climat qui,
méditerranéen dans l'ensemble, mais se nuançant d'alpestre au fur et à mesure
qu'on va vers le nord, pare souvent les sites de ciels très purs, de soleils
éclatants.
- Les ressources du pays sont tributaires, en bien et en mal, de ces
conditions climatiques et orographiques.
- L'agriculture a presque entièrement délaissé la moyenne montagne, où elle
était fort pauvre, faisant place à l'élevage du mouton, et s'est concentrée sur
les plateaux, dans les vallées, principalement celle de la Durance.
- Lavande, cultures maraîchères, vergers, céréales, maïs prédominent.
- Le vignoble, qui donne quelques crus de qualité, est surtout l'apanage du
sud de la vallée de la Durance et de ses coteaux.
- Les pâturages de la haute montagne continuent d'attirer la transhumance et
assurent une certaine production laitière.
- Si l'équipement de la Durance a richement doté la Haute-Provence en énergie
hydroélectrique, l'industrialisation n'est pas très forte; il n'existe que peu
de grosses usines, la principale étant celle de Saint-Auban.
- En revanche, le tourisme, l'hôtellerie sont développés et constituent l'une
des grandes ressources du département : ainsi en été, la région de Castellane,
presque vide d'ordinaire, est surpeuplée.
- Les sports d'hiver ont pris de l'extension.
-
Arts, activités et économie
- La Haute-Provence se manifeste tôt dans le domaine archéologique : les
quatre colonnes de Riez, le baptistère de la même ville (5ème) ouvrent la
marche.
- Le département est également assez remarquable par la conservation d'un
certain nombre d'édifices de l'art préroman ou du roman primitif La crypte de la
chapelle Notre-Dame de Dromon (commune de Saint-Geniez-de-Dromon) remonte au 9ème ou 10ème.
- L'église St-Donat étonne par la rudesse et la puissance de son architecture
(11ème).
- Au même siècle appartiennent également l'église St-Martin de Volonne, la
crypte de Vilbosc.
- Quelques édifices forment la transition entre l'art roman primitif et l'art
roman proprement dit; ainsi les clochers de l'église de Mallefougasse et de
Notre-Dame-du-Bourg à Digne.
- L'art roman a connu une très belle floraison en Haute-Provence, aux 12ème et 13ème.
- Son influence s'est fait sentir tardivement, tant il exprimait
vigoureusement l'âme du pays.
- Les cathédrales de Forcalquier (N.
- -D-du-Bourguet, 12ème), de Sisteron (N.
- -D-de- Pommiers, 12ème), de Digne
(N.-D.-du-Bourg, fin 12ème/13ème), de Senez (13ème), les églises de Seyne
(12ème), de Ganagobie (12ème), de Moustiers-Sainte-Marie (12ème), etc.,
témoignent d'une architecture à la fois puissante et bien ordonnée.
- Par contre, l'art gothique a moins bien réussi dans la région.
- Tout en ayant donné la cathédrale St-Jérôme à Digne, l'église des
Dominicains de la Baume-lez-Sisteron, quelques charmantes églises rurales (ainsi
à Limans, à Sigonce) et des parties considérables d'édifices (ainsi dans la
cathédrale de Forcalquier), il n'est pas distingué par des chefs-d'oeuvre
comparables aux fleurons de l'art roman, ce qui n'exclut pas de nombreux et
tardifs morceaux disséminés ici ou là; portails, addition de choeurs, de bas-
côtés, etc.
- En effet, l'archaïsme caractérise la Haute-Provence.
- Le gothique s'y prolongea jusqu'au 17ème,
voire jusqu'au 18ème.
- Et le roman s'est perpétué outre mesure, en des formes bâtardes, se mêlant
au gothique, même au classique; on a alors de curieux mélanges, des structures
ambiguës, ainsi dans la cathédrale d'Entrevaux.
- L'architecture classique n'a produit qu'assez peu de spécimens émérites,
entre autres, l'église paroissiale de Jausiers, l'église des Visitandines à
Forcalquier.
- Par contre, l'architecture militaire est assez bien représentée en
Haute-Provence : le Moyen Age avec des portes fortifiées (ainsi à Manosque et à
Riez), des tours ou des donjons (ainsi à Sisteron, à Castellane, à
Saint-Martin-de-Brômes), des restes de remparts ou de citadelles (ainsi à
Sisteron, à Castellane et à Mane), mais surtout le 17ème avec les travaux de Vauban : citadelles de
Seyne et d'Entrevaux, villes fortifiées d'Entrevaux et de Colmars-les-Alpes,
encore corsetées de leurs remparts anciens.
- Les châteaux, les bastides abondent, mais souvent rustiques, et peu ont un
véritable prestige, encore moins remontent au Moyen Age, même en partie.
- Citons le château des Templiers à Gréoux-les-Bains (avec un donjon 12ème), les châteaux de Château-Arnoux et
d'Allemagne-en-Provence (16ème), celui de Sauvan à Mane, le seul qui s'apparente
véritablement aux grandes résidences d'âge classique de la région parisienne.
- L'architecture civile, elle, foisonne.
- Sans parler du Moyen Age, qui a pourtant laissé quelques morceaux isolés, la
Haute-Provence peut se targuer d'une multitude de maisons anciennes, traçant de
la fin du 15ème à nos jours un panorama complet
des divers types et styles d'habitations.
- Et bien des villages et des petites villes ont gardé en leur coeur des
masses compactes de passé qui nous transportent loin en arrière, dans un monde
révolu.
- Au point de vue art pur, la Haute-Provence, pays économiquement assez
déshérité, ne peut fournir un bilan aussi favorable.
- Cependant, elle ne laisse pas que de présenter certaines richesses
artistiques, même étonnantes pour un pays naturellement pauvre.
- Ainsi, depuis une vingtaine d'années, on s'est avisé qu'un certain nombre de
ses maisons, de ses châteaux recélaient des ensembles de gypseries, d'une
qualité parfois extraordinaire, et aussi des cheminées très ornementées; l'hôtel
de Mazan à Riez, la mairie-château de Volonne, l'hôtel de Ventavon à Sisteron
sont particulièrement représentatifs à cet égard.
- La pauvreté du pays n'a pas empêché, non plus, d'embellir bien des églises
d'objets et d'un mobilier parfois fastueux : retables et autels monumentaux
débordant de sculptures et de dorures (ainsi à Cruis et à Bayons), tapisseries
des Flandres et d'Aubusson dans la cathédrale de Senez, multiples témoignages de
la dextérité des ébénistes d'antan, tels qu'orgues, chaires, stalles, etc.,
nombreux tableaux et statues.
- Par-dessus tout, il faut s'incliner devant ce miracle qu'a été la floraison
de la faïence de Moustiers-Sainte-Marie aux 17ème/18ème, avec
les Clérissy, les Olérys, les Ferrat, etc.
- On admirera toujours qu'une des sortes de faïences les plus raffinées qui
aient existé ait surgi dans un pays arriéré, pauvre, à l'écart des courants
artistiques, perdu dans un chaos de montagnes dépourvues de voies de com
munication.
sources
: Quid
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